Affichage des articles dont le libellé est innovoisie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est innovoisie. Afficher tous les articles

lundi 6 décembre 2010

La lutte des classes est une guerre pour un butin - la spoliation de la productivité ancestrale. Comment en finir avec la lutte des classes ?

par Yanick Toutain
6/12/2010



Le post-marxisme est le marxisme du 21° siècle.

2) NÉGATION DE LA NÉGATION
La négation – par ce post-marxisme - de la lutte des classes en temps que principal moteur de l'Histoire est tout à fait conforme avec la deuxième thèse philosophique (et donc matérialiste et dialectique) de Engels, la négation de la négation.
La mise en lumière de la lutte des classes – en tant que facteur fondamental de l'évolution historique - par Karl Marx fut la négation de la classe capitaliste et de sa prétention à en finir avec l'Histoire, la prétention de la bourgeoisie des machines à l'éternité d'une société bourgeoise pseudo libérale.

La mise en lumière de la lutte des strates comme étant le PRINCIPAL moteur de cette Histoire humaine (et donc AVANT la lutte des classes) est donc la négation de la négation.

1) TRANSFORMATION QUANTITE QUALITE
C'est la transformation quantité qualité (première thèse philosophique de Engels) qui, en tant que conséquence de la croissance numérique de la strate des innovants qui a mis cette lutte des strates sous les projecteurs conceptuels.
Cette croissance numérique de la strate des innovants est conjointe de la croissance de sa partie corrompue, le groupe des innovants atteints de pathologie consumériste et qui forment la couche innovante de la classe innovoise.
[Faisons ici un rappel – pour la clarté pédagogique : la classe bourgeoise a été, pour partie, formée de membres de la strate innovante. Les Thomas Edison, les Bill Gates, les Roland Moreno et autres créateurs de Google sont à la fois des innovants réels (avec une productivité historique positive gigantesque) membres de la strate des innovants et à la fois membres de la classe capitaliste. Les capitalistes actionnaires de la Ferme Générale étaient – eux, ainsi que leurs collègues armateurs esclavagistes de Nantes, du Havre et de Bordeaux, - des membres de la strate des parasites : leur productivité historique n'est ni nulle ni positive. Elle est clairement négative : leur activité a repoussé vers le futur l'avènement d'une société formée d'innovants.
La classe innovoise, l'innovoisie est elle aussi formée de trois couches : les innovois innovants, les innovois répétants et les innovois parasites. Ce dernier groupe est largement formé des membres du groupe des vautours que sont les « ayants-droits ».
Il suffit de placer sur un dessin plat les trois classes sociales principales et de visualiser trois hauteurs correspondantes aux trois strates pour comprendre l'articulation classes-strates.]

Mais cette croissance numérique du nombre des découvreurs, des inventeurs et des créateurs, si elle pèse positivement sur la société est néanmoins extraordinairement freinée par la lutte des strates en faveur des parasites et des répétants.
En cet automne 2010, la lutte entre les fainéants qui veulent se mettre en vacances éternelles à l'age de 60 ans et les larbins de la couche parasitaire de la classe capitaliste qui veulent, in fine, aligner les premiers sur le régime – 50 euros par mois – des Mingong Chinois de Bernard Arnault ou des esclaves – 50 euros par mois – de Vincent Bolloré, est symptomatique du retard extraordinaire que prend l'Histoire réelle.
Pour autant, cette lutte de strate verrouillée de la fin de la dernière décennies du 20° siècle et de la première décennie de 21°siècle, fut néanmoins le « moteur épistémologique » de la production des concepts de « productivité historique », de « lutte des strates », de « productivité ancestrale », de « droits d'auteur ancestraux».
Et donc du concept de SPOLIATION ancestrale.

3) INTERPENETRATION DES CONTRAIRES
Depuis les débuts du paléolithique, les innovants furent le moteur de l'Histoire : la liste des technologies qui permirent d'améliorer les techniques de chasse, de pêche, et même de cueillette est gigantesque.
Dès cette époque, les membres de la strate des innovants durent lutter contre la sclérose des travailleurs répétants.
Cependant, ils partageaient le fruit de leurs découvertes avec leurs prochain.
Nul brevet, pas de collecte SACEM.
La découverte était un partage entre être humains.
Mais, qu'il soit bien clair que le progrès fut strictement et uniquement le produit de l'activité de ces ancêtres innovants : les répétants nous auraient maintenus dans la stagnation et la sclérose. Comme ils le font encore maintenant : il suffit d'aller dans une classe d'école pour découvrir la bêtise du répétant moyen*.
Mais ce fut la découverte de ce qu'étaient les plantes et leurs propriétés ainsi que l'invention de l'agriculture qui permit – par la constitution d'un surproduit social – le développement de la strate des parasites.
Le paléolithique, par sa faible productivité n'aurait pas permis à un groupe de gangster de survivre longtemps.
L'agriculture produisit donc les guerres de rapine et l'esclavage : la lutte des classes pouvait commencer.
Seulement voilà : de quoi était fait le butin ? D'où provenait le contenu de ce que volaient les membres de « classes exploiteuses » ?
Du travail des paysans ?
Mais, ce travail, d'où était issue son haut niveau de productivité ?(si l'on compare productivité au néolithique à la productivité du paléolithique).
La réponse est simple : ce différentiel provient exclusivement des découvertes et inventions de membres de la strate des innovants.
Eux et eux seuls sont la cause de ce que le travail humain de l'année moins 10000 est dix fois plus efficace que le travail de l'année moins cent mille.

Quand une dactylo utilise « Word », le gain de productivité ne lui appartient pas : à part quelques manœuvres qu'un enfant de 8 ans apprend rapidement, elle n'a strictement aucun mérite de cette efficacité gagnée (correction rapide des fautes de frappe, stockage des textes etc etc....).
Est-ce à dire que la totalité de la valeur des gains de productivité devrait aller dans les poches de Bill Gates et des auteurs de Windows ?
Cette vision des choses oublie un léger détail !

S'il fallait payer des droits d'auteur à chaque usage d'un logiciel, il faudrait aussi accepter que soient collectés les droits d'auteurs pour les logiciels qui auront permis l'écriture de Word. Payer pour les auteurs du microprocesseur 6502 , du microprocesseur 6809 etc …..
Mais ces gens, pour écrire l'architecture du 6502 ont utilisé les nombres créés par mes ancêtres de la fin du néolithique. Ils utilisent les mots inventés par mes ancêtres.
Le fait que ce soit aussi les leurs ne justifie rien.

Articulation entre lutte des strates et lutte des classes : INTERPENETRATION DES CONTRAIRES
Ce qu'il faut comprendre, c'est donc l'interpénétration des contraires que sont les classes et les strates.
En effet, il faut comprendre que les classes sont nées sur la spoliation ancestrale des membres de la strates des innovants.
C'est le fait que leur activité sociale ne soit pas reconnue qui a permis le commencement de la lutte des classes.
La lutte des classes c'est la lutte pour le partage du butin volé aux innovants.

A partir du moment où toutes les découvertes et toutes les inventions ont été utilisées par quiconque sans aucun respect du travail de ceux qui en furent à l'origine, ce différentiel de productivité, cette différence de production entre un humain ignorant, travaillant à main nue et un humain ayant appris à utiliser des mots, ayant appris les possibilités de l'agriculture etc..... c'est ce BUTIN ANCESTRAL que vont s'arracher les CLASSES SOCIALES.
Quand un esclavagiste contraint un esclave à travailler, ni l'un ni l'autre n'accepterait de prendre en considération le fait que la valeur d'un humain – sans le produit de la strate des innovants – ne vaut quasiment rien.
La quasi totalité de la production humaine est le résultat du travail des innovants.
Les autres – les travailleurs répétants – ne font qu'utiliser les découvertes et inventions d'une strate qui n'est pas la leur.

Quand les diplômés d'Occident – cette méprisable classe formoise spoliatrice– exigent 1500, 2000, 3000 euros par mois, ils sont en lutte de classe contre leurs collèges de la classe bourgeoise spoliatrice.
Ils se battent pour le butin colonial.
Ils se battent – comme en cet automne 2010 – pour s'approprier le fruit du travail des Camerounais de Kienké ou des Mingong de Pékin.
Ces deux classes sociales (en apparence exploiteuses) se battent pour voler la « plus-value » coloniale.
Les formois au nom de leur « plus-value formation » qui serait le résultat de leur productivité formation, les bourgeois au nom de l'efficacité économique de leur marché de la subvention et de la corruption organisées.
Mais, en réalité, au premier niveau, c'est du butin colonial qu'il veulent s'arroger la possession.
Cependant, ce « butin colonial », lui-même, est une négation du fonctionnement réel de l'économie.
Les paysans de Kienké, quand ils travaillent et sont payés – pour la pousse et la récolte de l'huile de palme – 50 euros par mois..... en réalité, leur travail VAUT MOINS QUE CELA.
Le travail humain, quel qu'il soit ne vaut que quelques fractions de centimes d'euros;

En effet, la seule valeur réelle, c'est l'accumulation de SAVOIR, l'accumulation d'INNOVATIONS.
Ce que le paysan de Kienké devrait toucher ce ne seraient pas les 50 euros qui lui sont versés par Vincent Crassus Bolloré et ses kapos de la SOCAPALM, ce seraient 1000 euros par mois....
A quel titre ?
Tout simplement au titre de la PRODUCTIVITE ANCESTRALE !

Tous les humains sont les héritiers des membres de la strate des innovants. Des innovants qui innovent depuis plus de 3 millions d'années.

Et la production mondiale appartient ni aux possesseurs des terres, ni aux détenteurs des usines, ni aux propriétaires de leurs diplômes, ni aux innovants actuels, ni aux « organisateurs » ni à quiconque aura truqué la science économique pour en faire une apologie pro-domo de son activité..... le production mondiale, elle appartient aux enfants des innovants..., aux enfants d'Adam et Eve.

Nous sommes – à part égale – propriétaires des Fruits des Arbres du Jardin des Enfants d'Adam et Eve.

Le post-marxisme est à la fois un égalitarisme scientifique (au sens que Marx donnait à ce qu'il appelait « socialisme scientifique ») et à la fois un « égalitarisme utopique » mais surtout un « égalitarisme programmatique ».
En effet, la construction de la science progresse en même temps que le combat concret pour des revendications concrètes.
Le combat en faveur de 1000 euros pour la consommation et 300 euros pour l'investissement est aussi un outil pour la production conceptuelle.

Il faut donc dépasser cette contradiction entre « description du présent et du passé » et « description du but qu'il faut atteindre ».



L'interpénétration des luttes des classes et des strates rend cela urgent.
La mise en œuvre de ces deux mesures sonnera le glas de la lutte des classes. La révolisation, la révolution de civilisation que cela sera, amènera l'humanité à franchir une nouvelle étape. En entrant dans l'Histoire.



* Ce que je faisais en janvier 1982 dans ma classe n'est fait que dans moins de …. 5 % des classes, selon une évaluation personnelle...

mercredi 27 octobre 2010

ÉLÉMENTS POUR UN MANIFESTE PROGRAMMATIQUE ÉGALITARISTE. (un texte de 1996 par Yanick Toutain)

ÉLÉMENTS POUR UN MANIFESTE PROGRAMMATIQUE ÉGALITARISTE.

L'histoire humaine a connu deux préhistoires. La première préhistoire s'est achevée lorsque l'apparition de l'outil, puis celle de l'agriculture a amené les hommes à cesser de travailler librement à leur subsistance, a séparé l'espèce humaine en deux groupes : ceux qui stressaient les autres et ceux qui obéissaient à des commandements.
L'évolution des technologies depuis 4500 ans a fait évoluer l'espèce humaine à l'intérieur de ce qu'on pourrait appeler la deuxième préhistoire, pendant laquelle le travail libre a, peu à peu, disparu. Le développement technologique et les luttes des classes successives fondées sur ces technologies ont permis d'aboutir à l'étape actuelle, étape qui se caractérise par une crise sans ampleur, mais aussi par le développement massif du germe d'une société dans laquelle le travail innovateur libre sera la règle commune à l'espèce humaine.
Le développement de l'histoire a été celui des diverses technologies qui se sont succédées:
Depuis l'outil primitif qui démultiplie la force du bras d'un homme, puis la machine qui, elle, démultiplie la force de plusieurs humains, nous avons, maintenant, atteint le stade du contrôle de l'information. Ce nouveau stade permet la définition inventive d'algorithmes. Ces algorithmes sont exactement les équivalents de ce qu'est une recette de cuisine pour la "construction" d'un plat alimentaire : une succession de tâches, elles-mêmes découpées en sous-tâches, etc...
Ces algorithmes informatiques ont permis d'élever la force de l'humain en puissance. Et cela, non seulement pour des tâches manuelles, substituant, par exemple, des engins robotiques aux travailleurs de la chaîne industrielle, mais aussi pour toutes les tâches intellectuelles, depuis le travail d'une dactylo, maintenant remplaçable par un simple programme sur CD ROM dont le prix est inférieur au revenu moyen mensuel d'un habitant d'un pays occidental, jusqu'au calcul d'une intégrale complexe - compétence accessible actuellement après plus de 15 ans d'études, en passant par le calcul d'un logarithme sur une machine dont la valeur est d'ors et déjà inférieure à 10 h de travail mondial.
A ces algorithmes informatisés se sont ajoutés des outils de stockage de l'information et de diffusion planétaire de celle-ci. Sur un simple ordinateur domestique, un humain quelconque disposera avant 5 ans de la "mémoire" nécessaire pour stocker les noms, adresses, goûts des 6 milliards d'Hommes. De plus, les systèmes de communication électroniques à distance vont permettre à chaque humain d'accéder à la totalité des informations disponibles sur la planète. On voit, enfin, apparaître de nouveaux "outils électroniques" tels les moteurs de recherche, qui permettent à n'importe qui de lancer un détective électronique à la recherche de n'importe quelle somme de renseignements, depuis le prix le plus bas du boulon à tête ronde, jusqu'à la totalité des groupes de musiques ayant enregistré un disque avec un clavecin, en passant par la liste de tous les humains ayant exprimé le vœu d'accélérer la conquête spatiale ou bien la fertilisation du Sahara.
Le deuxième élément technologique induisant l'accouchement prochain d'une nouvelle étape historique est, précisément, ce qui concerne la sexualité et la procréation :
Il y a, à peine 40 ans, l'invention des moyens chimiques anticonceptionnels ont permis aux femmes, et à leur compagnon, de se débarrasser définitivement de la fatalité de la grossesse non désirée et ont permis de faire que le choix de mettre au monde un enfant devienne, enfin, un acte d'amour au plein sens du terme - puisque acte volontaire. Mais le développement actuel des biotechnologies et de la génétique permettent d'entrevoir l'étape suivante : la possibilité donnée à l'espèce humaine de connaître, avant la conception, les caractéristiques biologiques des enfants à naître, et donc d'avoir le pouvoir d'émettre des choix en cette matière.
La race humaine possède donc tous les outils nécessaires pour quitter la deuxième préhistoire.
En effet, dans le passé, chaque nouvelle technologie a induit un nouveau mode de production. Nouveau mode de production dans lesquels de nouvelles classes sociales apparaissaient comme l'élément moteur de chaque nouvelle technologie.
Ces nouvelles classes ont connu, chacune, deux étapes :
A la première étape, ces nouvelles classes avaient un rôle moteur. L'essentiel de leur revenu global était mis au service de l'investissement. Ce rôle moteur, qu'elles avaient, connaissait une grande accélération après une révolution rayant de la carte l'ancienne classe exploiteuse.
Lors de la deuxième étape, ces "nouvelles" classes faisaient un gaspillage de plus en plus grand des ressources qu'elles tiraient des technologies sous leur contrôle, et avaient, de ce fait, un rôle de moins en moins productif. Ce statut qui était le leur faisait qu'elles tendaient, de plus en plus, à s'accrocher à leurs privilèges.
Dans l'histoire, deux sortes de classes exploiteuses se sont succédées.
La première sorte était composée de classes exploiteuses oisives.
La deuxième, les esclavagistes, fut balayée par les guerriers paysans devenus féodaux qui, par une attaque extérieure, ont mis fin au pillage d'hommes.
Les féodaux qui, en fixant les paysans à leurs terres, ont mis fin au gaspillage esclavagiste, ont créé les conditions nécessaires au développement du salariat.
De celui-ci apparut la troisième classe exploiteuse oisive : Les détenteurs des actions, possesseurs des machines.
La prise du pouvoir de la bourgeoisie a favorisé une immense accumulation de machines.
Mais, avant même que celle-ci ait pris le pouvoir, est apparue une nouvelle classe :
Les Etats féodaux, principalement pour leurs besoins de gestion, et les bourgeois, pour leurs économiques, ont mis en place le gigantesque enfermement - dans un premier temps des adolescents, dans un deuxième temps des enfants de moins de 12 ans, puis, récemment, des enfants de moins de 6 ans.
Ceux-ci ont vu leur sexualité progressivement niée, de façon à favoriser les stress répressifs. Le but était de produire une masse de CD ROM humains ayant assimilé une masse de données limitées et des compétences algorithmiques simples, réutilisables tout au long d'une vie - dans la mesure où l'évolution technologique le permettait.
Cette classe sociale travailleuse, augmentant, peu à peu, son niveau de compétences et sa productivité, est devenue la première classe exploiteuse travailleuse : En obtenant, groupe après groupe, couche après couche, un revenu supérieur au revenu moyen mondial, cette classe sociale a déclenché la paupérisation relative puis absolue des moins formés.
La partie de cette classe qui, après le massacre des révolutionnaires bolcheviks et trotskistes, a conquis le pouvoir d'Etat sur la presque moitié de l'Humanité, a, ce faisant, brisé l'élan révolutionnaire, cassant, par-là, le processus qui l'avait porté au pouvoir.
Sur le plan économique, elle a même cassé le développement exponentiel dialectique des pays qu'elle contrôlait pour aboutir à une croissance de plus en plus limitée, de forme "logarithmique".
La cause en est le fait qu'elle ait brisé, sclérosé, peu à peu, les innovateurs qu'elle
cherchait à mettre sous son contrôle.
Ceux-ci, créateurs technologiques ou artistiques, chercheurs producteurs de concepts, ont eu leur marge de manœuvre créative de plus en plus érodée.
Et c'est dans l'ancien monde bourgeois qu'est apparue, de façon plus dynamique, une nouvelle classe travailleuse exploiteuse innovatrice. Celle-ci, rémunérée sous les anciennes formes, dans un premier temps : charges semi-féodales à l'origine, salariat ensuite, a peu à peu, conquis un nouveau mode de rémunération.
Les uns, artistes ou écrivains - chercheurs, des droits d'auteurs; les autres, innovateurs technologiques, des droits de brevets.
Peu à peu, de nouvelles sous-classes sont apparues - sous le joug des capitalistes, mais s'en émancipant peu à peu- : créateurs de programmes (algorithmes informatiques) raccordés juridiquement au droit d'auteur; chercheurs en biologie animale ou humaine, et créateurs d'outils thérapeutiques, raccordés, eux, au droit des brevets.

Cette classe et ces sous-classes qui restent fondamentalement complices des capitalistes et subsistent, encore, tel le bourgeois gentilhomme le faisait avec les féodaux, en étroite symbiose avec les capitalistes, devient pour une part, une nouvelle couche de la classe bourgeoise - par la transformation des ses revenus en actions boursières.
Cette nouvelle classe rapporte à l'Humanité davantage que ce qu'elle consomme. Et cela, dans des proportions de plus en plus grande. Pour prendre un exemple : la production du langage Microsoft Basic et du Traitement de texte Word a permis une économie de temps de travail gigantesque au niveau planétaire, sans aucune proportion avec ce que Bill Gates pourrait espérer consommer en une vie.
Mais trois facteurs font que cette classe, à peine apparue, à l'échelle historique, est déjà condamnée, est déjà un archaïsme.
Le premier est le cadre juridique qui lui est nécessaire pour maintenir son appropriation privée, égoïste, des fruits de son travail. Ce cadre juridique, qui la pousse à s'abriter sous le parapluie de l'Etat bourgeois - bande armée des capitalistes - qui la poussera, après demain à massacrer ceux qui s'opposent à elle et à ses privilèges.
Le deuxième est la distorsion qu'elle produit à l'échelle de la planète : Interdiction au Tiers Monde, la Chine, l'Afrique... d'utiliser gratuitement le fruit de ses innovations. Cette distorsion est une - sinon la principale - cause de l'écart croissant entre les 20% de pays les plus riches par rapport aux plus pauvres. Ecart qui a doublé en trente ans. Ecart de richesse qui fait que les premiers ont soixante fois le revenu des plus pauvres. Distorsion qui aboutit à interdire au Tiers Monde d'accéder aux remèdes et aux thérapies inventées au Nord - ce qui aboutira à nucléariser, tôt ou tard, le Tiers Monde pour empêcher la montée au Nord des virus, du SIDA et de ceux qui chercheront à échapper à la misère.
Distorsion qui est responsable des 700 millions de chômeurs sur Terre.
Cette distorsion a une cause simple : les innovateurs exploiteurs craignent plus que tout, la concurrence; ils craignent de voir apparaître des créateurs partageurs, des innovateurs égalitaristes, des concepteurs solidaires. Ils craignent déjà l'accès au savoir et à la compétence inventive de ceux qui jouent leur jeu - leurs concurrents -, mais, pire encore, ils craignent ceux qui inventent, innovent, créent sans l'espoir, sans la volonté d'un retour, d'un avantage économique.
Cette contradiction est mortelle pour ces exploiteurs, car ce sont ces 700 millions d'humains chômeurs qui deviendront bientôt des milliards - qui sont les "consommateurs" de leurs inventions.
Leur logique est celle d'un Bill Gates produisant des machines pour un seul Michael Jackson qui chantera à l'intention du premier. Les deux précédents bénéficiant des découvertes génétiques du dernier chercheur.
Le troisième facteur qui la condamne est le fait qu'elle crée une distorsion économique
son niveau de consommation supérieur incite à la production d'objets de moins en moins utiles à l'espèce humaine : des tableaux artistiques à cristaux liquides comme chez Bill Gates plutôt que des logiciels pédagogiques, des cosmétiques plutôt que des vélos, des œuvres artistiques décadentes plutôt que des outils informatiques à bas prix pour tous les pauvres de la planète.
Sa capacité d'investissement la pousse, d'autre part, à investir dans des secteurs porteurs sur le plan économique, au détriment des secteurs les plus rentables pour l'espèce humaine : un Michael Jackson qui cherche à faire des Disneylands pour les petits occidentaux est un criminel économique pour les enfants du Tiers Monde - sans parler des imbéciles d'acteurs qui font des Planet Restaurants de luxe.
Mais, au-delà de ces trois facteurs, il existe un moteur fondamental qui condamne cette classe.
Il a fallu, de l'Egypte à l'an mille, 3500 ans pour que disparaissent, à une échelle de masse, les derniers résidus de l'esclavagisme, de la transmission, à des héritiers, de la possession d'autres êtres humains.
Les compétences nécessaires aux héritiers étaient limitées. Les Romains ont tenu 1000 ans, les sudistes américains 300 ans.
La transmission de la terre féodale s'est maintenue, elle, de 500 au 17° / 18° siècle, environ 1200 ans. Mais les derniers héritiers, par leur incompétence, ont eu besoin de s'appuyer sur l'Etat fort absolutiste si la bourgeoisie n'avait pas, comme en Angleterre, fusionné avec la vieille classe.
La transmission de l'héritage actions / machines était, elle, encore plus fragile : entre 1649 et 1917, il s'est écoulé moins de 270 ans.
On a vu, récemment, les difficultés des staliniens à transmettre à leurs enfants les compétences "CD ROM" nécessaires à la gestion : en manipulant le système scolaire pour favoriser les leurs, ils n'ont abouti qu'à empêcher le progrès de l'ensemble : les détenteurs du savoir ont tenu le pouvoir 70 ans...
... Et ils ne le reprendront plus, car les innovateurs, inventeurs, artistes, chercheurs, les tenants des nouvelles technologies humaines, le nouveau mode de production, cognent déjà à la porte du pouvoir.
Que ce soit sous la forme des innovateurs exploiteurs égoïstes et de leur nouvel Etat répressif thermidorien, ou que ce soit sous la forme des innovateurs partageurs, artistes- chercheurs - inventeurs égalitaires, qui savent déjà que leur avenir est intrinsèquement à celui de l'espèce humaine tout entière, et qu'il est dans le progrès de celle-ci vers 6 milliards d'innovateurs solidaires, solitaires et collectifs.
Quel imbécile confierait aux enfants d'Einstein des milliards d'investissement ?
Quel imbécile justifierait que le fils de Rimbaud touche plus que le garagiste ou l'enseignant du bout de la rue ?
Quel imbécile justifiera que la fortune de Picasso sera dans les mains de Paloma, que celle de Madonna sera d'un bon usage dans les mains de sa Lourdes ?
Qui prétendra que les enfants de Bill Gates seront meilleurs gestionnaires que ceux de Sting ? Que ceux-ci seront meilleurs que les enfants de Moreno ?
La fille de Goscinny, que fait-elle de la fortune de son père ? Est-ce drôle ?
Cette classe des héritiers des innovateurs est le glas du règne de la possession fructueuse d'un capital - qu'il soit machine ou capital humain...
Ou est la fin du règne de l'espèce humaine si nous les laissons hériter de la fortune de leurs parents : ils chercheront à se protéger, à protéger leur fortune, à protéger leur incompétence.
Le jour où ils seront les principaux actionnaires de la planète, et même, en cas de révolution anti-bourgeoise, le jour où ils seront les humains les plus riches de planète, le jour où ils concentreront dans leurs mains le dixième, le tiers, la moitié de la richesse mondiale, ils n'auront plus d'autres choix que de se protéger derrière une barrière nucléaire apocalyptique.
yanick toutain
sociologiehistorique (ancien site sur voilà.fr)
26/07/00
======================================================================================
­ Le 26 juillet 2000 est la date à laquelle ce texte a du être placé sur le site web "sociologie historique"
la date réelle de rédaction serait - peut-être - antérieure de plusieurs années (évidemment postérieure au texte "30 thèses pour une révolution pédagogique" dont la trentième thèse signalait la possibilité de l'apparition d'une nouvelle classe exploiteuse après celle de la formoisie ). Il est possible qu'il ait été écrit en 1996 : un des critères serait le fait de vérifier en quelle année il y a eu une médiation importante de la fille de Madonna (médiatisation importante qui est la seule raison réelle de la présence de Madonna dans ce texte). Une autre piste serait possiblement la présence médiatique de Paloma Picasso. Enfin, le "700 millions de chômeurs" provient peut-être d'un article du Monde Diplomatique contemporain de la rédaction)