LE LIVRE DE LENINE MATERIALISME ET EMPIRIOCRITICISME
Lénine "Nous invitons donc le lecteur à surmonter un moment le dégoût légitime qu'inspirent les clowns de la science bourgeoise, et à analyser l'argumentation du disciple et collaborateur d'Avenarius."
Lénine "La question de savoir s'il faut admettre ou répudier le concept de matière est pour l'homme une question de confiance dans le témoignage de ses organes des sens, la question des sources de notre connaissance, question posée et débattue depuis les origines de la philosophie, et qui peut être travestie de mille manières par les clowns titrés professeurs, mais qui ne peut vieillir comme ne peut vieillir la question de savoir si la vue et le toucher, l'ouïe et l'odorat sont la source de la connaissance humaine."
Lénine 1908 Les lois scientifiques sont DANS les choses Pas de libres créations de Poincaré le fou
Vladimir Ilitch Lénine est le plus grand philosophe du 20e siècle. Il a écrit un livre sur un domaine — la gnoséologie — qui est le socle de la philosophie. Un socle que la quasi-totalité des élèves en France — en tout cas — ne connaissent pas, dont ils n'ont jamais entendu parler.
Le premier cours de philo en France devrait être : la science, c'est une découverte ou une invention ?
Les lois scientifiques, elles sont à l'intérieur des arbres, elles sont dans la pelouse, dans le sol, dans ma main — ou est-ce que ce sont de libres créations de l'esprit humain ?
« De libres créations de l'esprit humain » ?
Henri Poincaré est totalement fou. Un individu qui s'imagine que les lois scientifiques sont des créations des humains a quitté le domaine de la rationalité.
Les lois scientifiques, elles sont partout, elles sont à l'intérieur des choses. Pourquoi ?
Parce que si les lois scientifiques n'étaient pas à l'intérieur des choses, comment est-ce que ces choses fonctionneraient ?
Pourquoi et comment est-ce que je verrais la pelouse verte ? Si je vois la pelouse verte, c'est parce que les photons verts du soleil rebondissent — entre guillemets — et arrivent dans mes yeux. Les photons verts ne dépendent pas du cerveau d'Henri Poincaré. Cet individu est totalement cinglé, il est totalement dérangé mentalement.
Les lois scientifiques, il faut les découvrir et c'est ce qu'Isaac Newton pensait et c'est ce que Lénine pensait justement.
Isaac Newton écrit son livre Principes mathématiques de philosophie naturelle. Donc il y a des principes mathématiques, il y a des équations.
Mais les équations de quoi ? Eh bien de la philosophie naturelle.
Mais c'est quoi la philosophie naturelle ?
Eh bien c'est tout bêtement les lois scientifiques à l'intérieur des objets, des choses.
Les lois scientifiques qui existent en dehors du cerveau d'Isaac Newton.
Newton s'imaginait que les lois scientifiques avaient été elles-mêmes créées par Dieu.
Mais c'est une autre discussion.
Moi, je ne discute pas ça. Je ne suis pas occupé à faire de l'anticléricalisme stupide. Moi, je cherche des alliés et Newton est mon allié puisque Newton cherche à comprendre quelles sont les lois scientifiques.
Eh bien Lénine, c'est pareil.
Il a écrit Matérialisme et empiriocriticisme pour défendre cette idée-là.
Et il y a un chapitre entier où il démolit Poincaré le cinglé.
COMPLEMENT PAR CLAUDE OPUS
Voici les 5 CITATIONS DE LÉNINE DÉMOLISSANT POINCARÉ extraites de Matérialisme et empiriocriticisme (1908) :
5 CITATIONS DE LÉNINE CONTRE POINCARÉ
CITATION 1 — Le verdict brutal
« Tout ce qui n'est pas pensée est le pur néant ; puisque nous ne pouvons penser que la pensée. »
Vous vous trompez, M. Poincaré. Vos œuvres prouvent que certaines gens ne peuvent penser que le non-sens.
(Matérialisme et empiriocriticisme, chapitre V.6)
CITATION 2 — La fuite vers le matérialisme
« Le matérialisme a été déclaré anéanti par une "théorie" qui, à la première attaque lancée par le fidéisme, SE RÉFUGIE SOUS L'AILE DU MATÉRIALISME ! »
(Lénine décrit comment Poincaré, attaqué par les théologiens, est obligé de revenir au matérialisme pour se défendre)
CITATION 3 — L'idéalisme de Poincaré
« Pour Poincaré les choses sont des "séries de sensations". »
(Chapitre I.1 — Lénine classe Poincaré parmi les idéalistes subjectifs)
CITATION 4 — La « commodité » absurde
« Poincaré déduit les lois de la nature — jusqu'aux trois dimensions de l'espace — de la "commodité". »
(Lénine montre que pour Poincaré, les lois scientifiques ne sont que des conventions commodes, pas des découvertes de la réalité objective)
CITATION 5 — L'allié des fidéistes
« La philosophie idéaliste la plus réactionnaire, à tendances nettement fidéistes, s'est tout de suite emparée de sa théorie [celle de Poincaré]. »
(Lénine montre que la position de Poincaré ouvre la porte aux théologiens et aux ennemis de la science)
MOI YANICK TOUTAIN J'AJOUTE D'AUTRES CITATIONS
"le penchant de l'école de Mach-Poincaré-Pearson pour l'idéalisme (savoir : pour le fidéisme raffiné) est incontestable. "
"En second lieu, et c'est là l'important, elle est liée à cette école non par ce qui la distingue de tous les autres courants et petits systèmes de la philosophie idéaliste, mais par ce qu'elle a de commun avec l'idéalisme philosophique en général. Il suffit de jeter un coup d’œil sur cette tendance idéologique dans son ensemble pour que la justesse de cette thèse ne puisse laisser l'ombre d'un doute. Considérez les physiciens de cette école : l'Allemand Mach, le Français Henri Poincaré, le Belge P. Duhem, l'Anglais K. Pearson. Bien des choses leur sont communes ; ils n'ont qu'une base et qu'une orientation, chacun d'eux en convient très justement, mais ni la doctrine de l'empiriocriticisme en général, ni au moins celle de Mach sur les « éléments du monde », en particulier, ne font partie de ce patrimoine commun. Les trois derniers physiciens ne connaissent ni l'une ni l'autre doctrine. Ce qui leur est commun, c'est « uniquement » l'idéalisme philosophique auquel ils sont tous sans exception enclins, plus ou moins consciemment, plus ou moins nettement. Considérez les philosophes qui s'appuient sur cette école de la nouvelle physique, s'efforçant de lui fournir une justification gnoséologique et de la développer ; vous retrouverez là, une fois de plus, des immanents allemands, des disciples de Mach, des néo‑criticistes et des idéalistes français, des spiritualistes anglais, le Russe Lopatine, plus l'unique empiriomoniste, A. Bogdanov. Ils n'ont de commun qu'une chose : ils professent plus ou moins consciemment, plus ou moins nettement l'idéalisme philosophique, soit avec une tendance brusque ou hâtive au fidéisme, soit en dépit d'une répugnance personnelle à son égard (chez Bogdanov).
L'idée fondamentale de cette école de physique nouvelle, c'est la négation de la réalité objective qui nous est donnée dans la sensation et que reflètent nos théories, ou bien le doute sur l'existence de cette réalité. Cette école s'écarte sur ce point du matérialisme (improprement appelé réalisme, néo‑mécanisme, hylocinétique et que les physiciens mêmes n'ont pas développé de façon plus ou moins consciente), qui de l'aveu général prévaut parmi les physiciens ; elle s'en écarte comme école de l'idéalisme « physique ».
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